Aujourd’hui, nous allons nous intéresser à une ancienne star de l’état du Tennessee, un type qui fut évalué comme le joueur le plus talentueux parmi toute la jeunesse américaine, devant des pointures comme Kevin Garnett ou Stephon Marbury. Il fut un élément capital dans la réussite des Wildcats de Kentucky lors du titre national en 1996, et sa carrière NBA semblait à priori suivre la même trace, portrait de Ron Mercer.
Originaire de Nashville dans le Tennessee, Ron Mercer s’est résolu à changer de lycée et d’état, en prenant le chemin de la Virginie à Oak Hill Academy, une école très côtée aux Etats-Unis où beaucoup de jeunes joueurs ont pu faire carrière en NBA, parmi eux, on peut citer Rajon Rondo, Desagana Diop, Josh Smith, Jerry Stackhouse, Stephen Jackson ou encore Carmelo Anthony, sans oublier pour les connaisseurs, Rod Strickland.
Il choisit ensuite l’université de Kentucky pour continuer ses études et faire parti d’une des meilleures équipes du pays. Aux côtés d’Antoine Walker, Walter Mc Carty, Nazr Mohammed, Tony Delk et Derek Anderson, Mercer fait figure de pion majeur dans le dispositif du coach Rick Pitino et décroche dès sa première année (freshman) le titre national aux dépends de Syracuse, malgré un John Wallace (encore un joueur dont la carrière a été gachée) de gala. Mercer termine 2ème marqueur des Cats avec 20 pts, derrière la furia Tony Delk, auteur de 7 paniers primés. Ron est evidemment dans l’oeil des scouts NBA, et continue l’aventure en espérant rafler le doublé. Avec le départ de Walker, Delk et Mc Carty, les responsabilités sont accrues pour notre bonhomme, les récompenses individuelles tombent et si l’on pensait que les Wildcats allaient souffrir avec les absences du trio précité, il n’en fut rien. Kentucky présente un bilan de 35-5 avec un écart moyen de 27 pts et se faufile à nouveau en finale. Malheureusement, le résultat ne sera pas aussi brillant qu’en 1996, les Cats devant se plier contre Arizona, et un joueur innarrêtable ce soir-là, Miles Simon (encore un joueur blabla.. ça fait beaucoup non?) avec 30 pts, bien épaulé par Mike Bibby.
Après 2 ans de succès, Ron Mercer se décide à passer le cap en allant s’inscrire à la draft 1997, composée de sacrés clients, Tim Duncan, Keith Van Horn ou encore Chauncey Billups. Ironie du sort, Rick Pitino a aussi hérité d’un job su sein de la grande ligue, puisqu’il est nommé coach des Boston Celtics. Après une campagne 1996/1997 desastreuse (15 victoires pour 67 défaites), les Celtics héritent de 2 premiers tours de draft et comme la chance leur sourit, le 3ème et 6ème choix. Pour commencer, c’est Chauncey Billups qui est selectionné afin de palier la faiblesse au poste de meneur. Ron est choisi sans surprise à la 6ème place et retrouve non seulement son ancien coach, mais aussi ses copains du bahut, Antoine Walker et Walter Mc Carty. Pitino doit relancer la franchise mythique comme il a su redresse un autre monument du basket US, à la fin des années 80, les Knicks de New York. Heureux hasard du calendrier, les Celtics affrontent d’entrée, les Bulls de Jordan au Fleet Center et pour un gamin comme Ron, devoir défendre et avoir sur le dos MJ himself, c’est de l’adrénaline à 110%. Une occasion en or pour lui qui sera un succès, car non seulement son équipe va s’imposer, mais avec l’aide de ses coéquipiers, il éteint sa majesté (7/23). La suite est un résumé de highlights et un abonnement au top 10, Boston joue de manière fantasque et spectaculaire, le public est ravi et Pitino a reussi son pari, les Celts terminent avec un bilan de 36-46 et un avenir doré est tracé. Draft 1998, un nouveau miracle, Paul Pierce boudé par les autres franchises débarque dans le massachussetts. Les fantasmes les plus fous se dessinent alors avec un trio de jeunes stars, Walker-Pierce-Mercer. Hélas, ce rêve ne se réalisera jamais, c’est le début du calvaire pour Ron. La saison tronquée par le lock-out est un echec, que ce soit sur le plan collectif comme personnel. Les stats de Mercer ont beau avoir augmenter, la cohabitation avec ses coéquipiers n’est plus au beau fixe. Il est transféré en aout 1999 à Denver en compagnie du cultissime Popeye Jones en échange d’Eric Williams, Danny Fortson et d’un futur choix de draft. Toute ses stats augmentent, sauf en défense, où il semble avoir quelque peu abandonné…
Après seulement 37 rencontres, il est de nouveau échangé, cette fois à Orlando contre notre frenchie Tariq Abdul Wahad. Son temps de jeu est en baisse, ses pourcentages aux shoots également et Orlando mesure l’erreur de s’être débarrassé du français, qui s’était parfaitement acclimaté au collectif floridien. Le Magic ne donne pas d’illusion longtemps à Mercer, puisque la franchise sort le carnet de chèque pour se payer Grant Hill et Tracy Mc Grady durant l’été 2000. Ron trouve refuge chez les cancres de Chicago et si les résultats ne suivent pas, ses stats sont en hausse, les meilleures de sa carrière, avec près de 41 minutes en moyenne sur le parquet + ses 19,7 pts. Au cours de la saison 2001-2002, vous avez certainement en mémoire ou pu voir une action qui a rendu Ron Mercer célèbre… en sa défaveur. A Washington, Artest contre un tir de Michael Jordan, revenu pour défier la jeunesse, mais alors que Ron Mercer partait en contre-attaque, il se fait bacher à 2 mains contre le plexiglas par Jordan du haut de ses 38 ans!
A la date limite des transferts en février 2002, il fait de nouveau office de monnaie d’échange avec Ron Artest et Brad Miller, direction l’Indiana contre Jalen Rose et Travis Best entre autres. Habitué de faire parti du 5 de départ, il se retrouve sur le banc à ronger son frein, attendant qu’Artest ou Reggie Miller viennent souffler pour entrer en scène. Son temps de jeu diminue de moitié (de 37 à 16) et s’il fut important en playoffs contre les Nets de Jason Kidd au premier tour des playoffs, les Pacers n’envisagent pas de lui donner une meilleure place. Une année complète en 2003 où il ne tourne plus qu’a 7,7 pts par match, et il plie bagage pour le Texas à San Antonio. Sa situation empire et il est coupé sans gloire par le staff des Spurs. Il signera avec New Jersey la saison suivante, la dernière de sa carrière à même pas 30 ans. Aout 2005, il est coupé par les Nets pour ne pas payer la luxury tax, jamais plus nous n’entendrons parler de lui dans le milieu du basket. En 2007, une mésaventure dans une boite de strip tease lui a valu un aller pour le tribunal, coupable d’avoir frappé un videur.
Un jeune joueur, défenseur de qualité, dunkeur spectaculaire, qui s’est mué peu à peu en joueur egoiste, peu enclin à communiquer et qui termine dans les oublis, alors qu’il aurait pu faire une belle carrière. On termine ceci avec une vidéo sur sa saison rookie, accessoirement la plus mémorable dans sa vie de basketteur professionnel.
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